Crise et thérapie du couple

Mise à profit, la crise ouverte contribue à la résilience du couple.

La crise du couple perturbe et reconsidère ses règles pour en poser des nouvelles.
Elle met en lumière les sous–jacents et souffrances des conjoints.
Sans avoir besoin de faire appel à la thérapie de couple, les conjoints pérennisent leur résilience par le partage émotionnel. 
Parmi ses besoins, l’humain a sa matérialité et ses ressentis.
Par le mariage, les conjoints s’engagent à se compléter aussi bien sur leurs émotions que sur tous les aspects de la vie.
Nous partageons aisément sur nos enfants, sur l’argent, les vacances, et sur tout ce qui nous est extérieur.
Par contre, nous partageons avec plus d’appréhension sur nos émotions et sur nos difficultés personnelles.
À défaut de se travailler sur le partage sentimental, cette lacune nous poursuit toute notre vie : Au début et en cours de mariage, lors des rebonds de crise, pendant et même après le divorce.
 
Cela ressemble à quoi ?
Pour un même évènement, les sensibilités propres à chacun font que ses ressentis sont différents que pour son conjoint. C’est à dire que le ressenti de l’un vu par l’autre est subjectif, et c’est dans la normalité des choses.

Cependant, de la qualité de ce partage émotionnel découle la nature de leurs liens affectifs.

Deux cas de figure :

Le partage sentimental s’opère : Les conjoints vont vers le fusionnement

Chacun fait part de sa vibration intérieure à l’autre qui la considère.
Ce partage sous plusieurs angles finit par faire vibrer l’un par le ressenti de l’autre.
Le partage sentimental sincère et profond tisse solidement les liens du couple.
À terme, les conjoints n’ont plus besoin de se parler pour se ressentir.
L’esprit aimant porté par ce partage tisse leurs liens indélébiles.
Même une vraie difficulté de couple (maladie lourde, perte de revenus) n’ébranlera pas son unicité, car d’aucun n’imagine vivre sans l’autre.
Chacun fait partie intégrante de l’autre et savoure ‘‘son entièreté’’ par l’autre.

Un partage sentimental de moindre qualité alimente la crise du couple :

Même en présence d’une bonne entente, il manque aux conjoints le partage d’une partie importante d’eux-mêmes.
Leur union ne peut caractériser l’unicité.
Si les joies se manifestent en confiance, le partage de leurs souffrances intérieures se heurte à des blocages (peur de dévoiler son monde intérieur, quel sera sa réaction, cela va être mal pris).
Si l’entité du couple est bien présente, cette absence de partage sentimental empêche l’entière acceptation de l’autre dans sa différence.
Cette situation contribue à un cumul de frustrations et d’absence de communication.

Les ingrédients de la crise sont posés.

Crise du couple et résilience :

Même en dehors de toute crise, tout conjoint se doit d’apprendre à partager ses sentiments et à considérer ceux de son conjoint(e).
À défaut, la complémentarité du couple est mise à mal.
Alors que de s’ouvrir émotionnellement entre conjoints n’est pas toujours facile, cette prouesse reste à la portée de tout un chacun.
Aussi, en présence de difficulté persistante, des solutions existent.
Parlons déjà des obstacles à franchir. Il faut :
  • Arriver à livrer ses émotions alors que je ne sais pas le faire.
  • Intéresser son conjoint à ses vibrations alors qu’il y est insensible.
  • Mettre en confiance son conjoint pour partager ses ressentis en retour.
Instaurer un climat avenant et de confiance est un pré requis à ce partage.
Si le ressenti de l’un par l’autre peut prendre du temps, le bénéfice de libérer la parole et de soulager leurs frustrations est plus vite atteint.
La crise favorise le partage émotionnel par les conjoints, c’est pourquoi il faut essayer d’en profiter pour amorcer cette approche. A défaut, les blessures qui en résultent brisent les liens du couple.
 
Et c’est là que commence le piège :
Que le couple se maintienne ou non, les blessures ouvertes continuent de produire leurs souffrances.
Or, le meilleur moyen de les soigner reste souvent de les partager entre conjoints.
Les éternelles souffrances qu’endurent les divorcés sans ce partage émotionnel laissent entrevoir ce dont il s’agit.

De la crise à la résilience

Si entreprendre volontairement ce partage dans un contexte difficile reste courageux, faire appel à votre médiateur familial ou à tout professionnel peut s’avérer salutaire.
La médiation familiale tend à traiter le conflit du couple, celui de la médiation humaniste fait particulièrement appel aux ressentis.
Ce qui donne toute sa pertinence à la médiation dans la résolution de la crise du couple et dans sa résilience.
Le propre du médiateur est de contribuer à libérer la parole.
Il est fréquent que les conjoints se trouvent ‘‘enfin’’ en situation d’oser s’exprimer du plus profond d’eux–mêmes.
Aussi, ils se surprennent à découvrir ‘‘pour la première fois’’ ce qui se vit en sourdine chez leur conjoint(e).
Or, du pouvoir de s’exprimer et d’écouter découle une acceptation de l’autre dans sa différence avec une reconnaissance et respect mutuel.
À condition que les conjoints maintiennent ce partage émotionnel, leur crise d’aujourd’hui les aura propulsé vers leur construction de demain.
À ce stade, nous sommes en voie vers la résolution du conflit et vers la thérapie du couple.